vendredi 28 septembre 2007
Nos routes se séparent... vers un nouveau départ!
Vega, mon beau cheval, avec qui je pensais avoir construit une si belle amitié, renforcée par une confiance et un respect durement gagnés, Vega que j’ai soigné corps et âme, pour qui je me suis surpassée, pour qui je me suis entièrement remise en questions…
Vega m’a dit « non, tous les deux, on ne pourra pas aller plus loin ».
Je l’ai monté sur la carrière. Sur le chemin, il fanfaronnait un peu. Au moment de le monter, il restait calme, immobile. Quelques tours au pas, rennes longues et dans le calme, mon cheval était très dynamique, mais rien ne laissait présager ce qui allait arriver… Vega voulait regarder les autres chevaux. Je lui ai simplement demandé gentiment de se remettre droit. Son corps s’est tendu, rigide, les muscles bandés, sa tête s’est relevée, son cou s’est arrondi, et, sans que je puisse réagir, il s’est levé, si haut, si vite, si fort…
Nous avons manqué de basculer. En redescendant, Vega a mis la tête entre ses antérieurs, et a décoché une ruade si forte que je me suis retrouvée sur sa croupe. Ballottée comme un pantin, mon corps désarticulé par cet infernal rodéo sur place, si énergique, a fini par choir lourdement sur le sol. Vega est parti au grand galop, ronflant, grand guerrier fier de sa victoire.
Le dos douloureux, je l’ai rattrapé. J’ai remis le pied à l’étrier. Il n’y a qu’en forgeant qu’on devient forgeron. A nouveau en selle, j’ai demandé à Vega de se mettre au trot. Pour ne pas qu’il chauffe, qu’il trépigne, et que l’impatience le gagne à nouveau. Comme une débutante, ma renne extérieure était courte, pour qu’il garde la piste. Ma main intérieure serrait une poignée de son épaisse et douce crinière. Quelques tours au trot, changements de main… et mon beau Vega, enragé, a violemment recommencé sa stratégie qui n’avait qu’un unique but : me faire mordre la poussiere. J’ai vu le coin se rapprocher, sous les ruées décuplées de son corps incandescent. Son dos rond et sa force de titan ont rapidement eu raison de moi, et mon corps, projeté au sol avec une force d’une violence inouie, est venu s’écraser sur le sable, en un soleil macabre. Mon esprit meurtri par cette trahison s’est noyé dans le chagrin. Mon corps paralysé par la douleur s’est raidi, l’air ne remplissait plus mes poumons, plus aucun son n’arrivait à mes oreilles. L’œil écarquillé, je devinais les silouhettes de mes amies qui semblaient courir au ralenti vers moi. J’ai hurlé. Hurlé de terreur, de douleur, de déception. Couchée, défaite et déchue, j’entendais mon cheval fanfaronner, et fêter dignement sa victoire définitive, la queue sur la croupe, galopant frénétiquement en ronflant, les naseaux dilatés et rouges, fier comme un général.
Brisée, je suis restée dans un état de choc pendant un moment, pleurant, désespérée, perdue, totalement hébétée par la violence de cette défense et par sa dangerosité.
Vega a été remonté. Pas par moi. Pour qu’il ne reste pas sur cette victoire.
Tous les muscles du haut de mon dos ont été écrasés. La colonne et les cervicales ont été ébranlées. La cage thoracique a été entierement comprimée, par chance, aucun organe n’a souffert. Mon casque a sauvé ma boite craniene, mais un traumatisme subsiste, qui m’empêche encore aujourd’hui de me concentrer, de fixer des choses, de réfléchir, qui me fait pleurer pour n’importe quoi, qui ébranle mon équilibre et m’engorge de nausées. Les céphalées sont pointues et acérées. Je bégaie souvent, et perds facilement le fil de mes pensées. Je n’ai aucune patience, et ma tolérance est mise à rude épreuve. Outre les douleurs cervico dorsales, une de mes cotes me fait énormément souffrir.
La blessure mentale a été difficile a digérer. Vega, monté par un cavalier strict, précis et « rentre dedans » travaille formidablement bien. Et avec plaisir. C’est un gentil cheval, mais il aime tester et entrer en conflit, son intelligence et sa force lui permettant de trouver facilement les failles de cavaliers qui, comme moi, sont d’un niveau moyen et qui axent leur travail vers le respect et la confiance.
Vega est un cheval très dominant. Nul doute qu’il m’aimait beaucoup pour tolérer mes demandes pendant ces longs mois. Mais ce que je pensais être du respect était en fait une mince tolérance. Quand je lui ai dit « non », il m’a dit « merde », et de la pire manière qui soit. Le cabré est une défense que je ne saurai tolérer chez un cheval, et ce en aucun cas. Si c'était arrivé avant l'accident, ma réaction aurait été identique. J'espérais que ce comportement soit du à sa convalescence, vu les dizaines de fois qu'il la fait, en main ou aux longues rennes, et je croisais les doigts pour que l'inévitable ne se produise pas : qu'il le fasse monté. Je suis incapable de lui faire passer cette manie, et bien incapable de le monter comme il l’aime être. Je n’ai pas les finances pour le faire redresser, et, à quoi bon, je n’ai pas la prétention de transformer Vega à mon image, comme j’aimerai qu’il soit.
C’est un être magnifique et merveilleux, mais notre couple ne saura jamais trouver l’harmonie pour que chacun se sente bien… lui, fermement encadré, avec un cavalier prêt à « jouer » avec lui et capable de le tenir et de le faire progresser, et moi, sereine avec un cheval avec lequel j’aurai développé une vraie relation de confiance, et qui me reconnaitrait comme son dominant (ou leader).
Malgré tout le travail effectué en ce sens avec Vega, il ne m’a jamais reconnue comme tel, pourtant, j’ai tout donné pour lui, tout changé, je me suis adaptée, j’ai maitrisé ma peur, appris à gérer ses exces de colère, à être ferme avec lui… Il n’est pas heureux comme cela. Et moi non plus.
Après presque une année passée ensemble, à se découvrir, à apprendre à se connaitre et à s’apprécier, à se battre pour sa survie… nous avons traversé des moments durs, la douleur, la peine, le doute, la colère, et aussi de merveilleux moments de complicité, de tendresse, de confiance, de partage…Nos routes vont devoir se séparer.
Vega partira dans une nouvelle maison, avec un nouveau propriétaire qui saura l’aimer et le faire progresser comme il le mérite.
Pour ma part, de nouveaux horizons se dessinent. La douleur de prendre cette décision reste incandescente, lancinante, mais je n’ai pas de regret, car je suis convaincue, au plus profond de moi, que c’est la meilleure solution. Parfois, il faut savoir être humble, et admettre qu’on n’est pas capable. L’amour ne suffit pas toujours. Prendre soin de Vega, le soigner, m’occuper de lui à pied étaient dans mes cordes. Pour son travail monté, mon niveau ne me permettra pas de le gérer, et nous allons entrer dans de perpétuels conflits dont il sortira toujours vainqueur. Notre relation va s’altérer petit à petit, et je refuse cette issue.
Vega aura été mon premier cheval. Il m’aura tout appris, et je ne pourrai jamais l’oublier. Sa beauté, sa tendresse, son regard, sa chaleur et son tempérament de feu… Doudounet me manquera, c’est sur… et j’espère de tout mon cœur que son passage chez moi lui aura apporté du bonheur, et qu’il aura été heureux en ma compagnie.
Cet article met fin à ce blog. Je vous remercie tous d’avoir suivi mes aventures avec mon rêve d’enfant, mon bel espagnol. Une page se tourne, non sans cicatrices, mais une lumiere brille à l’horizon… un tournant s’opère dans ma vie de cavalière. Vous pourrez désormais suivre mes nouvelles aventures sur mon blog Phoenix Rising.
vendredi 14 septembre 2007
Bonheur en tête à tête!
Ce midi, j’avais deux heures pour déjeuner. Le soleil était radieux. Comme je n’aurai pas le temps d’aller voir doudounet ce soir à cause de mon déménagement, je me suis dit pourquoi pas le monter ce midi ? Au départ, je pensais travailler en carrière, mais le soleil était si magnifique que j’ai craqué… on est partis en ballade !
Je suis arrivée à la pension, le gros m’a suivie le long de son paddock, tout content de me voir, je l’ai vite remonté. On avait une heure devant nous ! J’ai mis un rapide coup de bouchon, vérifié ses pieds tout neufs parés hier, posé la selle sur le dos et hop ! Début de ballade en montée, à pieds, comme d’habitude. Sous la bombe et le gilet de cross, il fait chaud ! Je ressangle, et une fois sur le plat, je mets le pied à l’étrier… et là… surprise, Vega n’a pas bougé ! Les 5 minutes de la derniere fois ont été bien utiles !!! SUPER TOP.
Doudounet était tout calme aujourd’hui, loin de l’excitation des copains pour cette ballade en tête à tête ! Au loin, nous regardions tous les deux les belles collines lyonnaises… le silence de la campagne, le chant des oiseaux, et les petites oreilles bien droites et bien en avant de mon Vega, les bonnes odeurs d’herbe seche… le bonheur !!!
Petite ballade bien calme, rennes longues tout le long. Je suis descendue et remontée pour voir si l’immobilité était OK, pas de soucis ! Ce premier tête à tête avec mon cheval, je l’avais tant rêvé… c’est d’autant plus le bonheur que je le sens en pleine forme !!! Nous avons fini la ballade à pieds, dessanglé d’un trou.
Nous sommes rentrés, je l’ai douché et à son retour au paddock, un bon seau de carottes pour récompenser ce bel effort !
Aller se ballader à cheval pendant sa pause de midi, avec un compagnon si génial que Vega… si ça ce n’est pas le bonheur !!!
jeudi 13 septembre 2007
Premiere Ballade!
Une fois sur plat, nous avons entrepris de nous mettre en selle. Et la, Vega avait un peu la bougeotte, et il est hors de question que je laisse ce genre d’habitudes s’installer. J’ai donc mobilisé les hanches jusqu’à obtenir l’immobilité totale au montoir, et ça m’a bien pris 5 bonnes minutes. Pas facile quand les copines attendent ! Une fois en selle, Vega était ultra heureux. Très allant, un bon pas bien sportif, moi qui pensait qu’il allait tirer la langue ! Pas du tout ! Il était si heureux qu’il m’a sorti un magnifique pas espagnol dans la premiere descente, et qu’il insistait pour être en tête du convoi. Je savais déjà qu’il était un cheval de tête, mais il n’a pas fléchi dans les montées, ni dans les descentes. Les premiers metres, j’ai eu beaucoup de mal à le faire venir en extension d’encolure tant il était heureux. Il faisait le fier, le beau… mais l’effort et mon pianotement sur les rennes l’ont rapidement fait changer d’avis et il est venu monter son dos et mettre le nez bas. A plusieurs reprises, Vega a tenté de prendre le trot, initiatives que j’ai immédiatement recadrées en chassant les hanches ou en le faisant reculer si insistance. Sur le retour, je lui ai demandé de se mettre en deuxième position, puis en fin de convoi. Ca ne lui plaisait pas trop, mais je le lui laisse pas le choix, il doit s’adapter à toutes les situations. Pour ma part, j’ai mis beaucoup de poids sur mes jambes pour soulager son dos, et j’ai adapté ma position au dénivelé. Je ne pensais pas qu’il tiendrai aussi bien le choc. On est partis 40 minutes, et il ne soufflait même pas. Il faut dire que nous avons fait des ballades beaucoup plus intenses à pied, et je crois que j’ai sous estimé sa condition. Quoi qu’il en soit, nous allons rester 4 jours sur cette ballade, et on ajoutera un bout la semaine prochaine. Vega aime être monté, et l’exterieur, c’est vraiment son truc. Quel bonheur de ressentir sa joie hier !!! Et quel dynamisme !!! Vraiment, il n’en finit pas de m’épater. Et ma récompense du soir : un cheval extrêmement calin après le travail… je l’aime quoi !
mardi 11 septembre 2007
Une avancée spectaculaire
Jamais je n’aurai pensé avoir une telle confiance en un cheval. Jamais je n’aurai pensé retrouver une telle confiance dans les chevaux. Mes accidents de cet hiver, la mort d’Hasta Siempre, les sautes d’humeurs et la violence de Vega à cause de sa maladie, tous ces tristes évènements, à l’aube de la réalisation de mon rêve, avaient provoqué chez moi des sentiments très douloureux et paradoxaux. D’un coté, mon rêve commençait à exister, j’étais enfin propriétaire, après ces longues années d’attente et d’impatience…d’un autre coté, j’étais sous l’emprise d’une peur panique de monter, de me faire tuer, de voir mourir un animal… chaque esquisse d’un geste brusque me faisait craindre un accident mortel, chaque tension dans les muscles et j’imaginais me faire embarquer en saut de moutons sur une furie sauvage qui n’aurait qu’un but : me détrôner et me rendre invalide ou défigurée… ou morte.
Jamais je n’avais ressenti une telle peur, incontrôlable et indomptable…en parallele, jamais je ne les autant aimés… j’avais besoin d’eux…
Je ne voulais plus monter Vega. Plus jamais. Il me faisait peur. Et malgré tout l’amour que je lui portais, tous les soins que je lui prodiguais, je ne sentais pas de connexion entre nous et mon cheval était malheureux.
Le changement de pension nous a sauvés. Il a sauvé ma relation avec Vega d’abord, puis avec les chevaux en général. Deux changements majeurs : le premier, Vega. Il s’est posé. Il s’est rapidement calmé, le changement a été radical. Il est devenu câlin, et notre complicité a commencé à s’afficher au grand jour. Plus il me respectait, plus je lui proposais d’initiatives « risquées », nous sommes devenus de plus en plus proches, nous avons tenté des expériences qui demandaient toujours plus de confiance mutuelle, et celle-ci s’est renforcée, la peur s’effaçant peu à peu pour laisser place à une formidable complicité.
A pied, la confiance, le respect et le plaisir étaient acquis au bout de quelques mois. Le retour au pré de Vega ayant biensur bien aidé, puisque ses sorties quotidiennes lui permettaient de dépenser son trop plein d’énergie, et le laissaient disponible dans son esprit pour les séances avec moi. Cette remise au vert m’a également permis de constater le niveau d’attachement de mon Vega, qui m’accueille chaque jour par un grand galop et parfois des hennissements graves et doux de bienvenue…
Restait encore à franchir la fameuse étape de remonter mon doudou. J’avais repris quelques cours de poney dans une structure très encadrée en avril et en mai… mais je ne voulais plus monter les chevaux des autres. Surtout les chevaux de propriétaires. Faby m’avait déjà fait franchir un grand pas en me proposant de monter Bambu, et la séance avait été merveilleuse et m’avait fait ressentir des sensations perdues depuis longtemps.
Faire une pause avec la monte m’a fait le plus grand bien. Les ballades à pied avec Vega, parfois longues et physique, sa gentillesse, et le climat de sécurité régnant dans ma pension m’ont redonné l’envie de monter, de LE monter, de vivre ces sensations sur son dos, et de devenir enfin ce centaure dont je rêvais étant petite…
J’avais toujours peur, mais, à la différence des mois précédents… j’avais aussi ENVIE ! Et cette envie et la confiance que j’avais développée à pieds avec mon loulou m’ont donné le courage de le faire.
Lorsque j’ai mis le pied à l’étrier, la premiere fois, je tremblais, j’étais tendue, lui aussi, mais son regard était bienveillant. Crispés tous les deux, comme étirés par le même fil d’appréhension, nous avons esquissé quelques pas dans notre nouvel état de Centaure… et un immense sourire mêlé de larmes a illuminé mon visage…
Pour la première séance, une amie m’a tenu Vega quand je suis montée, puis elle l’a tenu en longe quelques pas pour enfin me libérer, seuls tous les deux à la dérive.
Pour la deuxième séance, elle l’a tenu quand je suis montée dessus, et est restée pour regarder le déroulement de ma reprise. Pour la troisième séance, elle l’a simplement tenu quand je suis montée puis elle est repartie.
Hier, je suis allée seule dans la carrière avec mon loulou, je l’ai monté, la séance était formidable, les sensations, uniques !
Nous étions tous les deux, il est calme, à l’écoute, réactif. Aucune réaction de défense quand je suis sur dos. Nous passons les transitions d’allure à la voix uniquement, ou au poids du corps. C’est incroyable. Moi qui avais peur que notre relation montée ne ternisse la belle confiance et notre complicité, et bien, tout au contraire, elle l’a renforcée. Vega aime le travail monté, il me demande le trot, le galop (que je ne lui donne pas encore), dans le calme, on sent qu’il a envie, je le sens. Il est heureux. Et moi aussi. Je le laisse rennes longues, sur l’encolure, il respecte. Ces dernières séances me motivent davantage à orienter mon cheval vers le TREC (sans les obstacles bien sur), car je vois bien qu’il se donne à fond quand il est motivé, et l’extérieur, il adore cela ! Je pense que nous attaquerons le dressage, le vrai, bien plus tard. Travail sur le plat et assouplissements, oui, pour être aux ordres, pour apprendre quelques nouveautés et entretenir sa curiosité. Mais surtout, lui faire plaisir, qu’il se fasse enfin plaisir. Il a tant de cœur, tant à donner… Je ne pensais pas pouvoir avoir un tel niveau de confiance avec un cheval…
Il y a aussi une personne à qui je voudrai rendre hommage, (parmi tant d’autres d’ailleurs, dont certains champions de Haribos qui se reconnaitront), c’est Sandrine, la propriétaire de ma pension. Elle a su nous accompagner avec Vega depuis le début, et nous rééduquer, lui comme moi. Elle m’a poussé en douceur à lui faire confiance, n’hésitant pas à prendre ma place dans mes moments de peurs, pour me montrer que TOUT était possible. Elle a si bien su soigner mon cheval, me conseiller, me rassurer aussi. Vraiment, c’est un immense MERCI que j’ai envie de lui dire aujourd’hui, car elle a su chaque jour me comprendre, m’accepter et m’aider, avec mes peurs, mes angoisses, mon ignorance… et sans elle, entre autres, je ne sais pas si je serai allée au bout.
mercredi 5 septembre 2007
On se fait un programme (merci Faby)
J'ai rappelé le Dr D. pour lui raconter mes deux séances. Celle de lundi était, j'en étais persuadée, beaucoup trop lourde pour mon doudounet. On a décidé de faire 3 courtes séances de monte par semaine + 1 à 2 ballades en main + un à 2 jours de repos selon le niveau du doudou.
Je l'ai laissé tranquille aujourd'hui, je suis juste passée le voir ce midi pour lui porter son seau de Mash au pré (il était ravi, vous vous en doutez) et ce soir, je suis allée acheter la cure d'Ekyflex Repair, on attaque ça demain! J'en ai quand même profité pour lui donner quelques carottes et un bon calinou. Je ne veux pas changer notre relation, et je continue donc les visites de courtoisie/plaisir, et le résultat ne se fait pas attendre, il vient toujours me voir quand j'arrive au paddock!
Le froid s'installe par ici, les chevaux perdent du poids et sortent leur poil, certains vieux commencent à tousser.
Demain, ballade en mains, et vendredi, nous verrons selon l'état de Vega si je le monte ou si on sort se promener.
Plus de longe en tout cas, on reste aux longues renes, ou en mains, ou monté, pour maitriser la direction, rester un maximum sur des lignes droites dans un premier temps pour le remuscler en douceur, et du dénivelé à pied pour remuscler partout comme on faisait avant!
On va bien prendre notre temps, car monter un cheval qui souffre, ça m'interesse pas, je veux qu'on fasse les choses bien! Même si je vous cache pas que je meurs d'envie de sentir à nouveau cette connexion magique, quand je suis sur son dos!
mardi 4 septembre 2007
La reprise... un savant dosage!
Puis j'y suis retournée, encadrée de mes amies. Vega m'attendait, patient.
En bas, à peine la chambriere en main, il est parti au galop tout seul, sur le cercle de 20 m. Impossible de le remettre au trot. Il a galopé un moment. Je sais que ce n'était pas bon pour lui, mais que faire... j'ai appris à me positionner, à le sentir dans ce nouvel exercice, et lorsque je l'ai eu bien au trot aux deux mains, j'ai arrêté la longe. Ca a bien du durer 15 minutes... beaucoup trop pour une reprise!!! Mais je ne voulais pas le laisser en désordre, j'ai vraiment voulu attendre qu'il soit bien.
Mon amie l'a tenu en longe, et je suis montée dessus, tendue... En deux secondes, un immense sourire illuminé mon visage. Le découvrir de la haut, le sentir sous ma selle, vibrant, ressentir son souffle comme une onde... Nous avons marché un peu, mais je l'ai senti si tendu... et moi aussi... j'ai du rester 5 à 7 minutes en selle... et nous avons laissé la dessus.
Aujourd'hui, j'ai fait la détente au pas, aux longues rennes, et cela convient dix fois mieux à Vega. A l'écoute, concentré, il s'est calé sur ma voix et a été très sage et détendu malgré le vent. Il était dans son élément, avait retrouvé ses repaires. Je l'ai trouvé très raide cela dit... certainement des courbatures d'hier, ou je me rends compte qu'il a vraiment trop forcé en longe. Après un tour a chaque main en longe au pas, je l'ai trouvé pas top du tout, donc j'ai décidé qu'on ne va pas reprendre le travail en longe avant d'avoir bien remusclé et assoupli Vega. Bref, on range la longe pour un bon moment. C'est trop dur pour lui.
Je l'ai monté une dizaine de minutes, super détendu aujourd'hui. Dos contracté au départ, rapidement, quand j'ai joué avec mes doigts, il est venu se mettre en extension d'encolure, s'est décontracté! J'étais aux anges, car il ne savait pas faire ça avant l'accident! Il a une confiance folle en moi. En selle, il m'écoute encore plus qu'à pied, il faut que je lui parle, il se cale sur ma voix, et affronte ses peurs d'une maniere hallucinante sous mes encouragements. Toujours aussi fin dans ses transitions, et zen à l'immobilité!
Puisqu'il m'a fait confiance, je lui ai fait confiance moi aussi, les deux dernieres minutes, j'ai laissé les rennes en guirlande. On travaillait pourtant avec un autre cheval... et bien... doudounet est resté très sage... je suis SI FIERE de lui!!! C'est vraiment le cheval de mes rêves... et notre connexion est belle et bien réelle. Je réalise maintenant la force de lien... et je rêve...
Demain, ballade en mains, il faut vraiment que j'y aille doucement, j'ai peur de tout gacher, qu'il ait mal, faut vraiment que j' y aille progressivement. Bien bosser en ligne droite pour le départ, des séances courtes, et pas de monte tous les jours! Et on reprend la cure d'Harpagophytum!
lundi 3 septembre 2007
Trop d'émotions dans un week end
Samedi, pour mon anniversaire, mon papa est venu rencontrer Vega. La boucle est bouclée. C'est lui qui a réalisé mon plus grand rêve, mon cher rêve d'enfant... et les voir tous les deux, cote à cote... je ne peux pas vous dire à quel point cela m'a émue... jusqu'aux larmes... Tant d'années, cette promesse qu'il m'avait faite toute petite... inutile de vous dire que j'ai vu toute ma vie défiler devant moi, et un immense amour, une immense fierté sont venus envelopper ce moment inoubliable et tant attendu...
Enfin, grand moment d'émotion, de larmes, de bonheur ce soir, et aussi d'apréhension... je vous raconte tout demain, en attendant, je vous laisse sur cette magnifique image! Le DEBUT!!!
vendredi 31 août 2007
Un rêve réalisé...
L’orage a laissé place à un immense soleil, et un avenir radieux nous attend. Certainement parsemé ci et là d’averses et d’embuches, mais une lumière infinie régnera désormais sur notre histoire. La lumière de la confiance et des sentiments, et, je crois qu’on peut le dire, de l’amour qu’on peut leur porter et qu’ils nous rendent si bien…
Le Dr Dreyfus est donc venu ce midi. Il a été impressionné par la musculature du dos de Vega. Pour un cheval qui vit au pré et travaille au pas, c’est formidable. Il a également trouvé que Vega a de très beaux pieds, ce qui me conforte donc dans la décision de laisser pieds nus, au parage naturel !
Il m’a libéré de mon fardeau en ces termes « il faut passer à autre chose maintenant ! ». Sans rentrer dans le détail, Vega peut donc travailler normalement, aux trois allures, lignes droites et cercles, éviter pour le moment les cercles rapprochés qui font pivoter le pied. Biensur, reprise du travail progressive ! Et des cures d’Equiflex Repair environ tous les 3 mois !
Voila. Mon plus beau cadeau d’anniversaire est donc la. Mon rêve est bel et bien réel. Rendez vous lundi pour le retour du Centaure !
Ecouter son coeur...
J’ai peur.
Peur de ce qu’il va me dire… peur de ce qui va nous arriver… Encore et toujours cette incertitude qui me pèse depuis bientôt 9 mois. C’est cela qui est dur à vivre dans les longues maladies. L’incertitude. Dur de vivre au jour le jour. Dur de batir des espoirs qui risquent de s’écrouler.
On a envie d’y croire, on se prend à se laisser aller. Parfois, on se bouche les yeux. Il faut bien avancer ? Pour lui, pour moi. Parfois aussi, on a envie d’oublier, pour ne pas perdre courage, pour continuer d’avancer la tête haute, les yeux rivés vers la lumière.
On veut croire au miracle.
Le plus dur, c’est encore l’impuissance. Ne pas savoir. Ne pas POUVOIR savoir. Etre dans l’attente du jugement d’un autre, quand notre propre cœur nous martelle des réponses. Quand notre âme et notre esprit ressentent si fort les choses.
Ce message intérieur, c’est lui qui me guide. Lui et le regard de Vega. J’y crois grâce à eux. Je SAIS qu’on va s’en sortir… il le FAUT !
jeudi 30 août 2007
Le plus merveilleux cadeau...
L'an dernier, c'était l'excitation totale puisque mon père m'a annoncé qu"il allait réaliser mon rêve et m'offrir mon cheval! Et quelques mois plus tard, Vega est arrivé dans ma vie, après 26 années d'attente...
Le plus cadeau que Vega pourrait me faire, c'est d'être en bonne santé... le plus beau cadeau qu'il me fait déja, c'est d'être entré dans ma vie et de l'illuminer d'un grand soleil...
Aujourd'hui, je caresse un nouveau rêve... que nous puissions enfin vivre notre vie de centaure!
mercredi 29 août 2007
Un rêve... un présage?
Juchée sur son dos, je pouvais voir le sombre ourlet de ses oreilles. Son œil, dont je distinguais le contour, brillait d’un éclat que je ne lui avais jamais connu… fier et puissant…comme une déferlante…
Son épaisse crinière ondulait, portée par un feu, une énergie nouvelle et électrique.
Sous la selle, je l’ai senti vibrer, j’ai senti ses muscles se tendre, son dos monter.
Au terre à terre, je l’ai vu, magnifique, illuminant de sa noblesse l’environnement autour de nous…
Cette nuit, pour la première fois, j’ai rêvé que je montais mon cheval… que ce rêve ne reste pas un mirage, qu’il soit plutôt… un présage !
mardi 28 août 2007
Ca me démange!!!
C'est aussi le retour du Mash pour mon gros qui se régale deux fois par semaine...
Pour ma part, faire un break avec la monte m'a fait un bien fou!!!! Ca me démange très sérieusement de monter dessus!!! Maintenant qu'on s'est retrouvés, lui et moi, et que notre relation a bien avancé, que la confiance mutuelle est en place, je n'ai plus peur... j'ai juste TROP envie de le voir à nouveau d'en haut!
J'ai envie de remonter, plusieurs chevaux, le mien surtout, et de retrouver la pure sensation des muscles qui roulent sous la selle, le doux balancier du galop...
ENVIE DE MORDRE LA VIE!!!! Le feu est de retour!!!
dimanche 26 août 2007
Le 14 Aout 2007
Donc elle a trouvé un gros plein d'herbe poil brillant, qui dorait au soleil, calin, taquin bien dans ses sabots, et pour la peine, elle s'est mise au bout des longues renes pour faire bosser le gros!
Et en bonus! Moi et mon gros en portrait!!! Oui oui, enfin!!! avec les oreilles droites!!!
Le 13 Aout 2007
Le 1er Aout 2007
Tresses et rubans!
Allez, comme promis, voici les photos de Vega, prises par Ikounet et moi! UNe super après midi ensemble, vraiment, on a trop rigolé, et le doudounet a eu droit à une journée bien chargée : ballade, tressage ibérique (une grande premiere, une aventure épique ) il a été super sage, et une séance de longues renes, il a été super avec moi, puis un brin testeur avec une copine qui venait essayer il devrait jouer au pocker, il bluffe
Ce soir, on a passé une nouvelle étape avec mon doudou... je suis amoureuse de mon doudou Sans rire, depuis une semaine, on se ballade tous les jours en main dans la campagne. Ce soir, on a varié le travail, on a commencé par un bon shampoinage et refaire les nattes de criniere.Puis... je lui ai remis la selle sur le dos et sanglé. Non, je vous vois venir, je suis pas montée dessus même si maintenant, j'en meurs d'envie, je l'aime bien trop pour craquer et faire quoi que ce soit qui pourrait lui nuire. Alors tant que j'ai pas le feu vert de l'ostéo, je m'abstiens, même si j'ai le sentiment qu'il est "prêt".Le cap, c'est que j'ai longé mon cheval (au pas, cercle de 20m, je vous rassure) dans la carriere... avec... un autre cheval dans la carriere, un jeunot de 4 ans s'il vous plait Et vega était bien concentré sur moi, il a à peine regardé l'autre, est resté bien sage au pas. Et ça, même quand il était pas blessé, je l'avais jamais eu, un cheval calme malgré d'autres dadous autour. (sauf biensur la ou je l'ai acheté!). Bref, niveau confiance, c'est énorme, et niveau respect aussi. Mon cheval m'écoute, et est plus interessé par moi que par son pote dans la carriere Sur le chemin du retour, on a longé le paddock de l'étalon paint, sur ce fameux chemin qui me faisait si peur ilk y a encore deux mois... chemin ou, je le rapelle mon cheval se mettait droit debout, passageait etc... idem dans la carriere à la simple vue d'un autre cheval au loin.Que de chemin parcouru, dans le respect, la confiance, et l'amitié Voila ma récompense pour ne jamais avoir arrêté de croire en lui, même dans les moments les plus critiques... pour avoir toujours cru qu'il était bien celui que j'avais rencontré en décembre.... alors que certains m'ont dits tant d'horreurs sur lui, sur son mental, sur ma capacité à la gérer...Il ne déroge pas à la réputation des PRE... il faut longtemps pour conquérir leur coeur, de la patience, de la persévérence, et sans violence... une fois leur confiance accordée, il vous rendent votre amour au centuple...Vega, tu es un être exceptionnel, et je ne me suis pas trompée. Ton doux regard m'a transpercé le coeur, et je n'ai jamais oublié cette lumière, qui m'a donné la force de me battre pour toi, même quand le tunnel était tout noir, et que les larmes coulaient...Tu es bien plus fort que moi encore... j'ai hate de vivre nos futures aventures, mais tu resteras pour toujours MON coup de coeur, mon prolongement, toi et pas un autre... Merci mon doudou
c'est étrange, parfois j'y repense... au début, quand je l'ai eu, je rêvais de quelque chose d'unique... je voulais à tout prix que mon cheval m'aime, qu'il y ait une sorte de lien "magique" entre nous, bref, le truc impossible.Et petit à petit, je ne sais pas comment s'est venu, une sorte de lien de "famille" s'est installé entre nous, comme le lien entre moi et ma chienne, c'est vraiment bizarre.
C'est un peu comme s'il faisait partie de moi, je n'intellectualise plus du tout notre relation comme je pouvais le faire au début, je me contente de la vivre, et de m'émerveiller par moment des choses qui nous arrivent.
Dire que j'ai toujours senti une connexion, c'est faux, il y a quelques mois, avant le changment de pension, je n'en pouvais plus, j'étais à bout de force, d'energie, et lui explosait. Et moi, je le sortais, je le soignais, au bout du rouleau moral.Mais au fond de moi, je ne pouvais pas baisser les bras, je regardais souvent à la maison la vidéo de la premiere fois que je l'ai monté, j'ai lu et relu mon ancien blog.
A un moment, je me suis vraiment dit qu'il en avait rien à foutre de moi, qu'on aurait jamais de connexion. Et petit à petit, il s'est ouvert, il s'est donné à moi, il a commencé à me "rendre". Maintenant, on est sur une relation vraiment saine je trouve. Chacun donne, chacun prend parfois, mais on a trouvé un réel équilibre, qui n'appartient qu'à nous.
En ballade!
Le 22 juillet 2007
Cette semaine, on a franchi un cap avec Vega, on sort à nouveau en extérieur, à pied biensur, sur des ballades de 30 minutes à une heure, avec du dénivelé.Je suis vraiment fiere de lui, un cheval motivé, à l'écoute, qui ne dépasse pas (sauf dans les descentes fortes parfois...)... on a croisé des voitures, des camions, des chiens, des moutons, chèvres, vélos, chevaux au prés, chevaux montés, aucun soucis!Aujourd'hui, on est descendus à la riviere... le chemin est très mauvais sur la fin, des caillasses qui "débaroulent", on s'en est bien sortis. On fait un maximum de terrains durs pour la transition pieds nus. Il est super, et je le sens confiant, et pas mal aux pieds!En revanche, il avait jamais vu une riviere de sa vie Il a buggé devant la riviere, je l'ai traversée, les pieds dans l'eau, et je l'ai encouragé... il était au bout de la longe, hésitant, avançant, puis reculant, puis hop, le déclic, il a traversé... au trot!!! je l'ai félicité car il a vraiment fait un effort pour vaincre sa peur! En revanche, il m'a quasi "sauté dans les bras"!Puis, on a traversé dans l'autre sens, et la, j'ai pas pris assez de distances, et il m'a touché la boule de la cheville au trot résultat, un oeuf sur le pied retour au calme sur la montée, puis en arrivant à la pension, on tombe sur la proprio de la pension a pied avec son étalon Paint. Bah pas de soucis, Vega l'a suivi sans problème Demain, on part ensemble en ballade à pieds du coup on retourne à la riviere, mais par un chemin moins escar^pé!En tout cas, mon gros, il m'épate, son sang froid, et sa confiance en moi!!! qu'il ait fait cet effort dans la riviere, ça m'a vraiment touché
Le 11 juillet 2007
De retour de vacances!
De retour du Maroc depuis hier... mon gros m'a bien manqué, mais il s'est pris de bonnes vacances au pré! Hier, séance lavage et démélage de queue, papouilles et pommes!On va commencer à bosser sur notre petit spectacle aux longues rennes, il faut que je trouve de nouvelles idées de "numéros". L'ostéo vient la semaine prochaine niveau santé! En tout cas, le gros a le moral, il est en pleine forme.S. et moi, on travaille beaucoup sur le respect en mains, franchement, c'est une personne tellement pro, elle me donne tellement de bons conseils que parfois, j'ai l'impression d'avoir une DP sur mon propre cheval! Et puis, faut voir comme elle l'adore!
Enfin j'avoue qu'on a encore quelques soucis pour le gérer en mains. Vega a vraiment un tempérament d'entier... mais avec le travail, le mien et celui de S., la dame de la pension, ça commence à se règler.
En main seul, ça va, mais des qu'un autre cheval trotte ou galope autour, il se met au passage, la queue sur la croupe, ronfle etc... il a déja progressé, il faisait ça avant des qu'il voyait un cheval dans la carriere, même au pas.Par contre, il ne tape pas et ne mord pas, et ne bouscule pas.
Il se resociabilise petit à petit, maintenant qu'il a un pote dans le paddock à coté! Je suis très fiere de lui, je l'aime de tout mon coeur, mais j'avoue que parfois, il m'impressionne encore (peur). En revanche, maintenant, plus de panique, je sais m'y prendre quand il chauffe! Bref, on a encore du travail! Je suis beaucoup plus à l'aise avec d'autres chevaux plus chauds, mais lui... c'est précisément parce qu'il y a de l'affection que c'est parfois étrange...